Problèmes de comportement chez les perroquets

 

Cet article se penche sur les problèmes les plus courants de comportement chez les perroquets. Certaines des causes apparentes de ces problèmes sont discutés, ainsi que la facilité avec laquelle ces animaux, qui ont des besoins complexes, peuvent être acquis. L'utilisation de l'analyse appliquée du comportement dans la modification du comportement est également discutée.

Introduction et questions d'ordre général       

La vue d'un perroquet qui fait du picage sévère et de son propriétaire qui vit avec l'espoir d'une «guérison» est trop fréquente. Parfois, l'oiseau a arraché 90% de ses plumes et fait peut-être même de l'auto-mutilation. On peut se demander pourquoi un tel comportement est si commun chez le perroquet.

Il est aussi facile d'acquérir ces animaux «exotiques» qu'il l'est d'acquérir un hamster, un rat ou un poisson rouge. Les acheteurs sont simplement tenus d'être âgés de plus de 16 ans. La plupart des besoins des espèces, comme ceux des petits rongeurs domestiques, peuvent être satisfaits alors que ces animaux sont gardés comme animaux de compagnie. La mise à disposition de leurs besoins n'est pas particulièrement exigeante pour le gardien de l'animal contrairement à l'effort requis pour les animaux les plus exotiques. 

A l'inverse, les perroquets de taille moyenne et grande ont des besoins complexes et une durée de vie proche de l'homme (Low 1992) . Cependant, il est aussi facile d'acquérir un perroquet que les autres espèces disponibles (mais domestiqués) .

La facilité d'acquisition n'a aucun lien avec les connaissances nécessaires afin de maintenir l'oiseau correctement. C'est peut-être au cœur de la question quand on regarde la qualité des soins que beaucoup de perroquets recoivent comme animaux de compagnie.

Alors que l'état du plumage des perroquets sauvages varie et que ces oiseaux peuvent parfois endommager les plumes des autres, personne n'a jamais vu de l'automutilation chez les perroquets sauvages. Ce comportement se limite aux oiseaux captifs. Ici, la condition semble plus fréquente chez les oiseaux isolés (en cage), par opposition aux oiseaux de volière qui ont la compagnie de leur propre espèce. Comme il se peut fort bien que les problèmes alimentaires et médicaux contribuent à l'automutilation chez les perroquets, ces aspects doivent toujours être étudiés lorsqu'ils sont présentés avec un oiseau dans cet état. Cependant, l'automutilation comprend toujours une composante comportementale puisque l'oiseau prend une décision volontaire de nuire à son propre corps, donc cet aspect doit être examiné.

Nous savons que si les besoins comportementaux de l'animal sont frustrés, il sera alors vulnérable aux problèmes de comportement. Engebretson (2006) écrit: «La liberté d'exprimer un comportement normal et être à l'abri de la détresse, semble être inextricablement liés chez les perroquets et autres oiseaux captifs comme animaux de compagnie." Alors que nous n'avons pas beaucoup d'études détaillées de l'écologie comportementale de nombreuses espèces de perroquets sauvages (voir Diamond et Bond, 1999 et Rowley 1990) nous savons que ce sont des animaux très sociaux qui généralement passent le plus clair de la journée à la recherche de nourriture et d'une variété d'aliments, volant de nombreux miles chaque jour, et s'occupant dans des sessions régulières de lissage mutuel (Birchall, 1990).

Les perroquets en captivité, en plus d'être empêchés d'exercer beaucoup de ces comportements naturels quotidiens, sont également soumis à une série d'autres pratiques de gestion communes au sein du monde des oiseaux en captivité qui contribuent à des frustrations comportementales; souvent, ces effets sont graves pour le oiseaux. Il s'agit notamment de la privation parentale (élevage à la main) limité à de petites cages pour la plupart du temps, privés de vol, les ailes taillées et gardé dans la solitude. Il convient d'examiner comment les perroquets en captivité sont produit pour le commerce des animaux , à l'heure actuelle.

Privation parentale (élevage à la main)

Alors que quelques éleveurs permettent à certains de leurs couples d'élever leurs propres jeunes, de nombreux perroquets sont élevés à la main. Même avant la fin de l'importation commerciale d'oiseaux sauvages capturés dans l'Union européenne en 2007, la plupart des perroquets élevés en captivité et destinés au commerce des animaux étaient élevés à la main. Le processus d'élevage à la main peut commencer par l'enlèvement des oeufs qui sont incubés artificiellement.

Les raisons de pratiquer l'élevage à la main sont essentiellement commerciales. Lorsque les œufs sont retirés à une femelle, elle est alors stimulée à pondre à nouveau afin de remplacer les oeufs disparus, ce qui est naturel.

Une conséquence d'être nourris exclusivement par les humains est que ces perroquets sont imprégnés à l'humain. Les oiseaux immatures montrent des comportements de soumission envers les humains. Ce comportement de ''soumission'' se poursuit, au moins jusqu'à ce que les oiseaux atteignent la maturité sexuelle entre 2 et 5 ans (selon les espèces). Ces comportements de soumission assurent que les oiseaux soient dociles et puissent être manipulés par les acheteurs potentiels. Les perroquets dociles et apprivoisés sont vendus beaucoup plus rapidement dans les animaleries que ceux qui ne sont pas apprivoisés.

Plus tard, ces oiseaux deviennent sexuellement imprégnés aux humains. Pour le propriétaire, cela se manifeste par des oiseaux présentant des comportements de séduction; régurgiter la nourriture sur eux et de tenter de s'accoupler avec eux, le plus souvent sur leur main. L'effet de cette mauvaise empreinte peut amener l'oiseau à devenir agressif avec les autres membres de la famille ou d'autres animaux ou encore sur des objets inanimés, ce qui pourraient même «menacer» la relation de l'oiseau avec son propriétaire. Les effets négatifs sur le comportement des perroquets gris d'Afrique à maturité ont été étudiées par Schmid et Al en 2005. 

En effet, de nombreux problèmes de comportement ne se manifestent pas avant que les oiseaux deviennent de jeunes adultes. Généralement, les problèmes se présentent par un lien trop fort avec un membre de la maison et des morsures d'agressivité à quiconque s'approche de la personne favorite.

Les appels de liaison normaux de l'oiseau vont souvent dégénérer en des appels de détresse lorsque la personne aimée quitte la pièce. L'oiseau devient un «crieur» ou une nuisance sonore. Ces oiseaux sexuellement imprégnés aux humains vont vivre des frustrations comportementales auxquelles ils ne parviennent pas à faire face. D'autres frustrations peuvent aussi se manifester tels que des stéréotypies et de l'automutilation.

En conséquence, l'élevage à la main, ou ce que nous pourrions appeler avec plus de précision "la privation des parents", met en place une bombe à retardement dans un délai de 2 à 5 ans pour des problèmes de comportement. En effet, selon Schmid et Al, les comportements inadaptés des oiseaux élevés à la main semblent être largement en proportion de la quantité de privation parentale vécue. Les perroquets gris d'Afrique qui ont été élevés par leurs parents (retirés du nid après 8 semaines minimum) souffrent moins de problèmes de comportement à l'âge adulte que ceux qui ont été élevés uniquement à la main . En plus des problèmes de comportement néfastes causés par l'élevage à la main, il peut y avoir des effets négatifs physiques causés par la manutention des nouveau-nés par l'homme, dont, plus particulièrement, l'ostéodystrophie (Harcourt-Brown, 2003, 2004).

Greg Glendell

 

(Voir autre texte) http://www.planete-perroquet.com/index.php/topic,18540.0.html

Traduction libre 
Fondation St-Marseille

 

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